Normandie nue. Dans ce film situé au Mêle-sur-Sarthe, petit village normand, les éleveurs doivent faire face à de graves problèmes. Le lait se vend à perte et le cours de la viande est en train de s’effondrer. Un film de Philippe Le Guay qui se déguste sans modération avec François Cluzet. Entretien avec son réalisateur.

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Racontez-nous la genèse du film...

Il se trouve que depuis ma toute petite enfance, je passe mes vacances dans une maison familiale qui se situe dans le Perche en Basse-Normandie, à trois kilomètres du village du Mêle-sur-Sarthe. D’un autre côté, j’avais vu ces photos d’un artiste conceptuel qui faisait des happenings nus dans les villes, à Berlin, à Mexico... Je me suis demandé ce qui se passerait si ce photographe s’arrêtait dans ce trou perdu de la France profonde et décidait d’organiser une photo en déshabillant ses habitants dans un champ. Il y avait un choc des cultures qui pouvait alimenter une histoire… 

Normandie nue joue constamment sur le décalage, le contraste des tons…

J’aime le mélange des humeurs, passer de la comédie au drame et vice versa. Sur ce film, c’est toujours l’émotion qui m’a guidé. L’un de mes films préférés est L’Homme tranquille de John Ford, qui n’est pas vraiment une comédie, mais qui joue sur la tendresse qui se dégage de cette communauté. Une autre référence inconsciente est La Femme du boulanger de Pagnol : je l’ai revu l’année dernière au Festival Lumière dans une magnifique copie restaurée.

Que raconte ce film insolite au fond ?

Les efforts d’une communauté pour se ressouder malgré ses divisions : l’instituteur se chamaille avec le curé, le curé se dispute avec le marquis, mais tout ce petit monde va devoir faire cause commune pour sauver le boulanger. D’une certaine façon, Normandie nue explore le même sillon, ce besoin primitif d’être ensemble en surmontant nos petites différences…

« Sur ce film, c’est toujours l’émotion qui m’a guidé. »