undefinedUn accord de collaboration relatif au programme mondial de lutte contre les moustiques (Workd Mosquito Program) a été signé par la ville de Nouméa, l'Institut Pasteur et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Le programme s'appuie sur une technologie novatrice et une bactérie, la Wolbachia.

Nous vous en avions déjà parlé. Cette fois-ci le programme est lancé sur Nouméa avec un programme dont la mise en œuvre se fera en partenariat avec la Monash University, la Direction des affaires sanitaires et sociales de Nouvelle-Calédonie (DASS-NC) et l'Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie (IPNC).
Les maladies transmises par les moustiques constituent une menace permanente en Nouvelle-Calédonie. Trois agences locales ont proposé de mettre en oeuvre une méthode naturelle innovante qui pourrait permettre d'enrayer leur propagation. La Ville de Nouméa, la DASS-NC et l'IPNC se sont réunis avec les chercheurs du programme mondial de recherche scientifique " World Mosquito Program " afin de discuter et étudier la possibilité de mettre en oeuvre une méthode autonome utilisant la Wolbachia.
Cette technologie novatrice est développée par l'équipe du " World Mosquito Program " de la Monash University (Melbourne, Australie). Elle vise à infecter les moustiques de la bactérie Wolbachia, présente en milieu naturel, qui va bloquer la transmission des arbovirus (dengue, Zika, chikungunya).

Nouméa, ville pilote

La méthode consiste à introduire par étapes, un certain nombre de moustiques comportant la Wolbachia dans une zone prédéfinie. Ces nouveaux moustiques iront ensuite se reproduire avec les moustiques locaux et transmettre la bactérie à leur progéniture. Après quelques mois, la majorité des moustiques finira par porter la Wolbachia et continuera à la propager d'elle-même, sans devoir faire de nouvelles introductions.
Cette approche naturelle visant à éliminer la propagation des virus transmis par l'Aedes aegypti constitue une alternative aux initiatives de suppression directe des populations de moustiques qui réduisent certes le nombre de moustiques dans une zone mais exigent des applications constantes et finissent par être très coûteuses.

Depuis 2011, des tests sur le terrain réalisés dans cinq pays différents ont permis de démontrer la relation directe entre une forte proportion de moustiques portant la Wolbachia dans une zone spécifique et l'arrêt complet des transmissions locales du virus. La méthode a été testée en Australie, en Indonésie, au Vietnam, en Colombie et au Brésil. Les observations sur le terrain ont démontré une réduction significative de la transmission de la dengue dans les zones où Wolbachia a été introduite.

Une aide du Fonds Pacifique

Lors du récent comité directeur du Fonds Pacifique, présidé pour deux ans par le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, une enveloppe de 45 000 euros (5,370 millions de francs) a été attribuée au projet Wolbachia. Inscrit au budget du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, le Fonds Pacifique est destiné à favoriser l'intégration régionale des territoires français du Pacifique en participant aux actions régionales de coopération avec les pays de la région. Cette année, l'une des priorités concernait la sécurité sanitaire.